Hameau des Ruines

Publié le par foncine39

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Le nom peut paraître fort péjoratif. il ne reflète qu'une tragédie désormais lointaine.La quiétude est revenue envelopper les Ruines.

Il y eu "avant". "L'après" relève d'une toute autre nature. l'anéantissement fut si parfait qu'on a même perdu le nom du bourg qui l'a subi. Le résultat n'avait laissé que ruines...

L'érection de Foncine le haut en tant que commune, est un fait fort moderne. Longtemps un certain nombre de hameaux, ou plutôt de "voisinals", se trouvaient égayés entre la rivière Saine, l'adret de la Haute Joux et l'avers du Mont Noir. Plusieurs d'entre eux, en fonction de fratries fournies, avaient acquis une quasi autonomie et fonctionnaient en autarcie sur un territoire disposant de prairies suffisantes et de bois conséquents. Au sud-ouest de la vallée, largement étalé "plein sud" sous l'extrémité occidentale du Mont Bayard, un village qu'on imagine volontiers opulent s'était taillé une place au soleil Quelques preuves, plusieurs trouvailles, des traditions à connotations légendaires, confirment ces impressions. A l'aval, un paysage disposé en hémicycle avait même suggéré un temple "celtique". Sur les hauteurs de la "Combe à la Claudine", des amoncellements détritiques, de gros blocs de pierre, marquent l'emplacement de la Citadelle. On y pose volontiers un fortin, même si ce toponyme s'applique souvent, dans le Jura, à des roches naturelles significatives.
Vers 1900, on trouva, en creusant, des fondations, un sol de "cadettes" rubéfiées. On les attribua à un château.
Entre celui-ci et la Citadelle, on voit encore courir, par bribes, la "Vie Dessus", nerf irriguant qui devait posséder un pendant inférieur. Puis arriva l'invasion française.
Les "Gris" français, les "Schweds" suédois ou allemands, la peste s'écrasèrent avec tant d'attention sur le pauvre village qu'on en oublia même son nom.
Dès la tempête passée, on se réinstalla dans ce qui n'était plus que "ruines". De nouvelles bâtisses s'élevèrent mais dans un emplacement situé plus en amont que l'ancien village.
Des groupes familiaux, forts de leurs droits ancestraux, vinrent réinvestir leur territoire. Car il semble bien, à l'image de ce que l'on constate sur les hauts plateau, que l'ensemble de la population dut fuir face au déchainement de fer et de feu. On trouve les traces de leurs présences, pendant quatre parfois cinq ans, dans plusieurs communes savoyardes, protégées alors par une frontière.

Source : Le Progrès 
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